Se former à la bibliothérapie

FORMATION EN BIBLIOTHERAPIE CREATIVE

Une animation à voix haute pour « prendre soin »

Pour recevoir les informations pratiques concernant la formation (durée, modules divers, préparation…) : regine.detambel@orange.fr

Pour qui ?

Vous êtes professionnel.le du livre ou bien soignant.e, animatrice ou animateur, bénévole ou simple particulier… et vous souhaitez ajouter un nouvel outil à votre pratique d’accompagnement des personnes, inscrivez-vous à une formation en bibliothérapie créative !

Vous aimez lire… les livres en papier, la poésie, les romans, tous les genres…

Vous attachez de l’importance à l’écriture… de carnets, de journaux, de griffonnages, de fictions…

Vous êtes sensible à la voix… la vôtre, celles des autres, lisant à voix haute, contant, chantant, se racontant…

Vous souhaitez accompagner des personnes en quête de sens ou d’apaisement…

Vous souhaitez ajouter à votre pratique un outil humaniste et créatif…

Cette formation vous est ouverte !

Contexte

Crise économique, crise de sens, crise existentielle… La vie ne manque pas d’épreuves à traverser et la bibliothèque peut-être un refuge pour nos souffrances humaines. Pour faire face aux défis de l’existence, à tous les âges de la vie, il est bon de se ressourcer en contactant sa créativité. Mais est-ce que le quotidien nous en donne l’occasion ? Comment les livres peuvent-ils apporter un nouvel élan ? Est-ce que les textes peuvent nous aider à vivre ? Comment sortir des prescriptions des manuels de développement personnel ?
Pour envisager tous ces questionnements, je vous invite à vous former à la bibliothérapie créative.

Définition

La bibliothérapie créative (que Régine Detambel a renommée « biblio-créativité ») est une animation culturelle relationnelle mobilisant divers outils (lecture à voix haute, écriture, dessin, carnets, médiation par les objets…) et permettant d’accompagner tous les publics en quête de sens, d’éveil ou d’apaisement, des enfants aux sujets âgés. Elle permet de se former à l’utilisation de textes pour « prendre soin ».
Cette formation à l’animation d’ateliers de bibliothérapie créative abordera les points suivants : comment les textes agissent-ils sur nous ? Comment ils remodèlent notre intériorité ? Comment ils nous donnent l’envie ou le pouvoir d’agir ? De nous transformer…

Objectifs

– proposer un lieu de ressources expressives et créatives en bibliothèque ou en cabinet, et améliorer la qualité de l’accueil des publics fragiles ou empêchés ;
– contribuer à l’éveil symbolique des enfants et favoriser la constitution des liens ;
– accompagner des adultes en quête de sens, de liberté ou d’apaisement ;
– nourrir et redynamiser le psychisme des sujets âgés, très isolés en institution ;
– permettre aux patients la réinvention de soi (addictologie, douleurs chroniques…) ;
– (r)éveiller la capacité narrative, susciter l’émergence des souvenirs, relancer la disponibilité créatrice de chacun…

Le ministère de la Culture reconnaît, depuis janvier 2019, grâce au rapport de Sophie Marinopoulos, psychologue de l’Enfance et de la Famille, la réalité du concept de Santé Culturelle contre la « malnutrition culturelle », reliant ainsi officiellement ce qui l’était déjà naturellement : les textes et le soin.

Informations et inscription

Pour recevoir les informations pratiques concernant la formation (durée, modules divers, préparation…) : regine.detambel@orange.fr

(Si vous n’avez pas reçu de réponse à votre message de contact dans les 48 h, merci de m’appeler par téléphone au 06 81 77 72 89. Vérifiez également les spams…)

Quelques éléments du programme

– Aborder les effets thérapeutiques des textes. – Le récit de soi. – Animer son propre atelier de bibliothérapie créative. – La bibliothérapie dans le monde. – Des outils pour choisir les textes à partager. – Utiliser la voix haute. – Ateliers d’écriture et bibliothérapie. – Peau et papier. – Carnet créatif. – Cadre psychologique, posture éthique. – Comment ouvrir un atelier de bibliothérapie – La bibliothérapie créative dans l’animation. – Animations en bibliothèque, en EHPAD, en cabinet libéral, en associations diverses… – Se constituer une bibliothèque « thérapeutique »… – Ateliers itinérants…

Dates et durée de la formation

6 h ou 10 h en formation individuelle ou en micro-groupe (selon les agendas).

Toute l’année, en présence (à Montpellier-Juvignac) ou à distance.

Dates à définir ensemble, en fonction de vos disponibilités.

Les formations de groupes sur deux journées sont également possibles sur demande, en présence ou à distance (BDP, bibliothèques, établissements hospitaliers…)

Supervision : une fois la formation effectuée, et avant ou après une expérience sur le terrain, vous pouvez éprouver le besoin de partager votre ressenti, de vous ravitailler en textes neufs ou en nouveaux contenus d’ateliers. Nous pouvons consacrer alors ensemble trois-quarts d’heure à ce petit rafraîchissement de votre créativité. N’hésitez pas à me faire signe !

L’initiation au recueil de récits de vie peut idéalement compléter l’atelier de bibliothérapie.

LA FORMATRICE

Régine Detambel est écrivaine (Actes Sud, Gallimard…), masseur-kinésithérapeute D.E., titulaire du master 2 de Lettres Modernes, chargée de cours dans le cadre du DU Ethique et maladie d’Alzheimer à la Faculté de médecine de Montpellier, Chevalier des Arts et Lettres. Elle a présenté sa méthode de biblio-créativité, à Florence, en 2017, lors du XVIII Congrès Mondial de Psychiatrie Dynamique, Creative Process in Psychotherapy and Psychiatry, ainsi qu’au Colloque de Médecine Narrative organisé par la Faculté de Médecine de Paris-Créteil (octobre 2017). Elle est intervenue à l’INECAT, école d’art-thérapie…

regine.detambel@orange.fr

LA PRESSE

Plus d’information dans le HuffPost (ITW de Marine Le Breton, août 2020) : cliquez ici

Voir les videos : cliquez ici 

Voir une conférence de Régine Detambel sur la bibliothérapie : cliquez ici 

Découvrir l’entretien avec Armelle Gamelin pour NEON : cliquez ici.

Découvrir l’entretien avec Michel Cymes/Cécile Coumau pour Dr Good : cliquez ici

France Bleu (décembre 2020) : cliquez ici

Magazine Sciences Humaines, Numéro spécial « Le pouvoir de la littérature », janvier 2020, voir l’article de Régine Detambel, « Littérature, remède à nos douleurs ».
Canal+, Le Grand Journal, visionner la présentation d’Augustin Trapenard ici
TF1 (5 avril 2015), visionner le reportage ici
La Grande Librairie, France 5, 16 avril 2015, visionner ici
France Inter (L’Heure des rêveurs, de Zoé Varier, 17 avril 2015), écouter ici
Lire (avril 2015), Livres Hebdo (19 mars 2015)…
Micmag.net, « Les récits ont ce pouvoir étonnant« , avril 2015.
L’Express, 29 avril 2015.
Le Monde, le feuilleton d’Eric Chevillard, avril 2015
Télérama, juin 2015.
La Bibliothèque Médicis, LCP, 3 juillet 2015.
La Grande Librairie, France 5, 28 mai 2015, visionner ici.
Sciences Humaines, n° 273, juillet-août 2016, Les pouvoirs de l’imaginaire. La littérature aide-t-elle à vivre ? par Héloïse Lhérété.

LES ENTRETIENS

Entretien avec Armelle Camelin pour NEON, août 2019
A découvrir ici.

Comment se soigner grâce aux livres ?
par Armelle Camelin, 21 août 2019

Régine Detambel est écrivain et formatrice en bibliothérapie. Alors que nous consacrons 6 pages dans le dernier numéro de NEON au fait de (ré)apprendre à aimer lire, nous lui avons demandé de nous initier à cette pratique et de nous expliquer si les livres soignent.

NEON, magazine littéraire : Qu’est-ce que la bibliothérapie ?
Régine Detambel, bibliothérapeute : La bibliothérapie la plus célèbre, c’est celle qui a déferlé sur la France il y a quelques années. Il s’agit de prescription de livres : on va vous dire de lire tel ou tel livre en fonction de vos “symptômes”. Moi, ce que je propose, c’est de la bibliothérapie créative, de la bibliocréativité.
A l’aide de livres, de textes, de passages, je stimule la créativité de toutes sortes de personnes, et en particulier ceux qui ne lisent pas ou pour qui lire veut dire torture.

C’est exagéré alors de dire qu’on peut guérir avec un livre ?
Tout dépend de ce que vous en faites et comment vous le recevez. On peut aussi se faire beaucoup de mal avec un bouquin ! Surtout quand il est bourré de stéréotypes, jeunistes ou sexistes. Quand on lit un livre, il faut bien le choisir, pour ne pas étouffer dans le cadre.
C’est impossible de dire “tel livre est bon et fait du bien”. Je dirais plutôt qu’un passage ou qu’une métaphore est bonne. Mais quoi qu’il arrive, ça peut l’être pour vous, mais pas pour mon voisin.

A qui s’adresse cette forme de bibliothérapie ?
LES LIVRES SONT UN MOYEN D’EXPLIQUER AUX PERSONNES QU’ELLES SONT LES ARTISTES DE LEUR VIE. Tout le monde peut en profiter. Tous ceux qui ont besoin de redevenir créatif. Ça peut être quand on vit en maison de retraite, quand on vit un chagrin d’amour, un licenciement. Ce n’est pas dans la culture française d’être créatif. Il y a des pays dans lesquels tout le monde joue d’un instrument de musique. En France, on peut traverser sa vie sans en toucher un. Les livres sont un moyen d’expliquer aux personnes qu’elles sont les artistes de leur vie. Leur oeuvre, c’est elles-mêmes, et le récit qu’elles en font. J’essaie de faire en sorte que ces personnes renouvellent leur appétit de vivre au contact du texte, au contact de son rythme, de son énergie.

Avez-vous un exercice de bibliothérapie à me donner ?
Lisez, mais lisez à voix haute parce que ça permet la pleine conscience. Si vous lisez dans votre tête, vos idées tristounes vont vous rattraper. Alors qu’à voix haute, il faudra penser à votre respiration. C’est de l’ordre de la méditation. Parfois, c’est difficile de sortir de soi. Quand on est dans le silence, on repart dans ses idées noires. En lisant tout haut, vous n’ingurgiterez pas le livre, vous le savourerez !

Si vous deviez quand même me “prescrire” qu’un livre, ce serait lequel ?
La vie voyage, d’Andrée Chedid. C’est une poésie. Personne ne pourra vous dire ce qu’il y a dedans parce que personne n’en sait rien : tout le monde interprète différemment. La poésie est l’un des derniers lieux de liberté existant. J’ai remarqué, tout au long de ma carrière, que la poésie contemporaine est très efficace sur le psychisme humain, presque sans qu’on s’en rende compte. C’est grâce aux images que chacun comprend comme il le veut. Le mécanisme de l’interprétation nous redynamise et nous permet de nous réinventer.

Et aussi…

Entretien pour MicMag.net, « Nous avons besoin du récit pour vivre ! », juin 2014
A découvrir ici


Entretien pour ActuaLitté, « La lecture, dernier lieu de liberté », août 2014
A découvrir ici

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Questions posées par Carole Mock (Action psychiatrique, Lausanne)

L’Echo – N° 40 / Avril – Mai 2016

Q. Les personnes dépressives ou/et qui prennent des médicaments ont souvent de la peine à se concentrer, d’où une difficulté à lire. Que leur conseillez-vous de faire, existe-t-il des ouvrages adaptés à leur situation ?

R.D. C’est dans cas précisément que la bibliocréativité à laquelle je forme des stagiaires, qu’ils soient soignants ou littéraires, peut aider remarquablement. En effet mon principe n’est pas de prescrire à un livre à une personne qui ira, dans la solitude et le silence, le parcourir avec les yeux. Ce qui m’intéresse est au contraire que, dans le groupe de bibliocréativité, en présence du bibliothérapeute, la lecture, le texte se jouent au travers du corps, du souffle, des bouches et des ventres. On lit à haute voix, sur place, avec les autres, on existe enfin physiquement au travers d’un texte, et cela, le déprimé peut le vivre avec beaucoup de bénéfice. 

Q. Que peut-on lire avec des personnes très âgées ? Des livres pour enfants peuvent-ils convenir ?

R.D. On peut tout lire avec des personnes âgées. Je rappelle que mon principe consiste à accompagner l’autre dans la lecture à haute voix, à l’aider à s’entendre de nouveau vibrer de l’intérieur, à s’entendre prononcer des mots, des phrases qu’il ne s’est pas entendu dire depuis des années ! Les personnes âgées ne sont pas des enfants. Elles ont tout à fait la possibilité de résoudre, quel que soit leur âge, des problèmes existentiels. Reste à savoir choisir les extraits à leur proposer, et c’est bien ce à quoi je forme mes stagiaires, notamment à connaître les paramètres de sélection qui les aideront à donner du sens et de la créativité à la vie de ces personnes abandonnées par la langue, abandonnées par le récit.

Q. Quels sont les bienfaits de la lecture pour les patients psychiques en particulier ?

R.D. Pour tous, bien-portants ou patients, la littérature transmise par le bibliothérapeute représente une fête, c’est-à-dire un moment où, au sein d’un groupe ou en individuel, on va se mettre à s’enrichir, se nourrir d’images, de figures de style, de métaphores, qui vont nous permettre, généralement inconsciemment, de reconstruire notre vie, de recoudre notre « moi-peau », si abîmé par chaque journée. La  bibliothérapie créative apporte au patient à la fois le contenant et le sens, c’est-à-dire la parole enveloppante et berçante qui apaise, ainsi que l’ordre du récit qui vient remettre un peu d’ordre dans le chaos de la vie. 

Questions posées par Carole Mock, Atelier Communication du graap | fondation groupe d’accueil et d’action psychiatrique à Lausanne

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The Fine Books Blog
Bibliotherapy – The Healing Power of Books
BY BARBARA BASBANES RICHTER

Talk therapy is nothing new, but how about bibliotherapy? I’m not talking about self-help publications, but rather using literature as a means to physical and psychological salvation. And really, who else but the French, the beneficiaries of a literary patrimony that dates from the 9th century, would be at the vanguard of such a movement.

Régine Detambel, award-winning author of more than thirty books and a Chevalier of Arts and Letters, is also a licensed physiotherapist, and maintains that bibliotherapy, in some form or another, dates back to antiquity. Many of her books (La Splendeur, Opéra sérieux, Son corps extrême,) explore the aging process and how to live (and die) with grace. As a writer and as a physiotherapist, she is a healer with her hands, and Detambel believes that literature can be found everywhere – in the air we breathe, in our bodies, and in the various liminal moments of our lives (birth, marriage, death). “Everything is literature if we know where to look,” Detambel graciously wrote to me, explaining bibliotherapy in detail: “I didn’t create bibliotherapy. It existed in ancient Greece and Rome, and was revived after World War I to heal soldiers who had experienced psychological trauma at the front.” Poetry and literature became part of her “creative bibliotherapy” (bibliocréativité as Detambel coined it), and has found immense success and personal satisfaction through her efforts. “I think that working with the energy of an author, with poetry and metaphor, with stylistic and textual arrangements and so forth is extremely effective to revitalize the psyche,” Detambel continued. “We are all beings of language, and so it is necessary to move and to shift the language that resides within us so that our efforts are rewarded positively.”

Detambel has played with the idea of bibliotherapy for as long as she has put pen to paper, but it was after writing a short story about skin (Petit éloge de la peau, Folio, Gallimard, 2006) that she recognized an analogy between skin and paper. “Books are caresses, in the strongest sense of the term!” she wrote. Hosting daylong seminars from her hometown nestled in the southern region of Languedoc-Roussillon, Detambel teaches aspiring bibliotherapists — nurses, doctors, psychologists, booksellers and librarians — how books can help people better understand themselves and to reconnect with the world. “There’s more to bibliotherapy than just handing a book to someone and leaving them alone. There’s a certain rapport between the text and the body that must be considered too. Even before one’s eyes settle on the text, we must consider body posture, breathing, voice, and other physical considerations. I teach my trainees how to renew the dialogue between words and the body.”

Some of Detambel’s most rewarding work happens at retirement facilities, where she meets people whose psyches are often “abandoned, because culture is so rarely allowed to pass through the doors of establishments set up for the elderly,” she explained. “I don’t want these people to be left without words that could help them reestablish contact with their internal world. These people live in a sterile, naked, even cruel world. And unfortunately, they’re not alone.” Books themselves aren’t the cure, but they can be part of a curative program where literature nourishes the body, mind, and soul.

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