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Le Musée Fabre par quatre chemins

Le Musée Fabre par quatre chemins

En mars 2011 est paru Le Musée Fabre par 4 chemins (Editions Méridianes). Régine Detambel y recommande quatre parcours pour appréhender le Musée Fabre de Montpellier dans toute sa richesse, par les Chemin du ressouvenir, Chemin du sentir, Chemin du Vieillir, Chemin du Créer. Cet ouvrage de la collection "Quadrant" compte 72 pages dont 25 illustrations choisies parmi les dessins du Musée. Prix : 14 €.
Pour tout renseignement et commande : Editions Méridianes, 14 rue Aristide Ollivier, 34000 Montpellier.

Présentation de l’éditeur
 On sait toute l’attention, la rigueur, la précision que mettent conservateurs et historiens de l’art pour inventorier, décrire et comprendre les œuvres qu’exposent les musées et à en rendre compte dans leurs catalogues. La collection initiée par les éditions méridianes avec l’ouvrage de René Pons Une cythère infinie et poursuivie par ceux de Vincent Bioulès Allons au Musée Fabre et de Régine Detambel Le Musée Fabre par 4 chemins s’est donnée un tout autre but : demander à des personnalités (écrivains, artistes, etc.) qui ont une longue fréquentation du Musée Fabre de nous faire partager les émotions, les souvenirs, les questions que les œuvres suscitent. Ce Musée est certes un monument, un lieu d’histoire et de savoir ; mais il a aussi touché, parfois dès leur plus jeune âge, la sensibilité et l’imagination de ses visiteurs assidus et passionnés. Regards singuliers ouvrant et s’ouvrant autant sur les tableaux, sculptures ou dessins les plus connus que sur d’autres méconnus ou en réserve. Regards en miroir aussi, puisque chaque auteur interroge la peinture depuis ses propres préoccupations : pour V. Bioulès, si chaque tableau scande un ou plusieurs moments d’une histoire intime, il est d’abord une expérience sensible, sensuelle – comme un goût des choses et du monde. V. Bioulès dit : « un art de vivre » – nous pourrions penser à cette méthode épicurienne qui, des choses les plus simples, s’élève vers les plus hautes (l’amitié, l’harmonie avec soi et celle plus rare encore avec le monde ou le destin) et comprendre que la peinture, pour celui qui la regarde comme pour celui qui la fait, est simplement un chemin de vie. Pour R. Detambel, ces chemins sont aussi ceux qu’elle déploie dans toute son œuvre mais saisis dans leurs résonances multiples, partout hors d’eux. Le musée n’est pas pour elle ce lieu où se cherche, même en secret, une vérité intérieure ; il ouvre à d’autres mondes, d’autres savoirs : la profondeur de la peinture résonne dans celle du savoir médical, philosophique, poétique voire politique. En elle, se voile ou se dévoile aussi chacun de ces « existentiaux » – le ressouvenir, le vieillir, le toucher ou même le créer – qui font notre humanité.
Et puis, il faut parler de l’exercice de style qu’est cette confrontation de l’écriture et de la peinture qui, pour aussi ancienne qu’elle soit, reste périlleuse et exigeante.

Extrait
"J’écris ce livre sans compte-pas.
J’écris ce livre de mémoire. Je parle du musée Fabre sans y avoir tout récemment conduit mes pas. On vend partout des podomètres, ces machines à décompter les enjambées. Parler des œuvres en marchant droit sur elles, en piaffant devant elles, calepin brandi, histoire de se rafraîchir la mémoire, ça ne compte pas. Un tel procédé ne pourrait que faire écran à ce qui constitue précisément l’existence du musée dans l’étoffe de soi, cette mémoire incorporée des œuvres, dont on sait parfaitement, depuis un certain premier jour, qu’elles sont placées ici ou là, à droite du couloir, ou dans la salle des Griffons, ou bien à gauche en descendant, et quelle lumière elles reçoivent.
J’étais en classe de terminale quand j’ai entendu parler des arts de mémoire. Sur les conseils de la professeur de latin, le bâtiment tout naturellement élu pour tester mes capacités était celui qu’il est aujourd’hui convenu d’appeler « l’ancien » musée Fabre. Les Sébastien Bourdon ou les pâtres de Laurent de la Hyre, au milieu des ruines antiques, me laissaient rêveuses. Je me demandais quelles images avaient été déposées par de jeunes patriciens au pied de ces colonnes, maintenant couchées, rompues, dévorées de lierre. Quant aux miennes, d’images, qu’on imagine pour elles une mnémotechnie de baccalauréat. Où avais-je placé l’année 1917, la géographie du Bénélux (au pied de l’arbre mort de Jacob van Ruysdael, dans Paysage par temps d’orage ?), le monde des Idées, l’analyse des Fleurs du mal (dans la pipe du Baudelaire de Courbet ? dans son encrier ?) les verbes irréguliers allemands, la vie de Socrate ? Faute d’entretien, elles ne me sont pas revenues, ces images prosaïques, quand j’ai visité, trente ans plus tard, le « nouveau » musée Fabre. Les œuvres pourtant étaient les mêmes. J’ai soulevé le Corot, secoué le Millet, retourné le Coypel, j’ai soufflé la poussière sur le lion de Barye, mais je n’ai pas retrouvé mon bric-à-brac de potache. Rien. Juste une vacillation devant Le Gâteau des rois de Greuze, le souvenir aigu mais affreusement frustrant que j’avais déposé autrefois, à la place de la fève, un nom ou un prénom ou un sentiment, un ressenti, bref quelque chose de grave et d’important pour une fille de seize ans, mais à quoi je n’avais désormais plus accès et sur laquelle maintenant s’agaceraient, se casseraient les dents du ressouvenir."

 



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2024-02-28
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