Conférences-débats

Bibliothérapie ou comment les livres prennent soin de nous

Bibliothérapie ou comment les livres prennent soin de nous
Une exploration des vertus thérapeutiques de la lecture et de l’écriture, avec la participation active d’un public toujours riche d’anecdotes et de nouvelles recettes de (sur)vie.


Dit par l'auteur


 

  • Présentation
Argumentaire
La médecine contemporaine obtient de remarquables résultats mais il n’est pas de sa compétence de résoudre les questions fondamentales et éternelles de l’existence. Pourtant le médecin reçoit sans cesse des plaintes qui, pour la plupart, relèvent du registre de la Maladie humaine, titre d’un roman de Ferdinando Camon, qui pose le diagnostic : « Plus l'homme devient homme et se différencie de l'animal, plus son mal s'aggrave. »
Or le récit — tout récit — a ce pouvoir étonnant, dans les mouvements de la lecture et de l’écriture, d’arracher à soi-même et à sa douleur, en proposant des histoires enveloppantes et du sens toujours renouvelé. Dans les années 50, Jean Reverzy prescrivait l’écriture à l’un de ses personnages pour lutter contre l’aiguillon de la douleur.
Nous avons tous lu d’authentiques romans médicaux, textes qui ont eu sur nous ce pouvoir étrange, parfois indépendant de leurs qualités littéraires, de nous libérer d’une certaine angoisse en nous montrant un autre chemin. 

Tout nous touche au corps. Se demander si la littérature est thérapeutique, c’est se demander si le langage écrit a un rapport avec le corps biologique. Les effets du langage sur le corps ne sont pas douteux : avant même que né, on baigne déjà dans la lymphe sonore du langage, celui qui vient de la langue maternelle. Et, depuis Freud, la preuve scientifique est faite que le cerveau se remanie au cours d’une psychothérapie, que le cerveau ne cesse de se remanier tout au long de la vie à l’occasion des expériences auxquelles l’individu se confronte. Ecrire est bien une activité qui mobilise le psychisme en tant qu’il est noué au corps. Quant à la lecture, elle suscite toutes sortes d’affects et active la pensée. L’homme est un être de langage. L’univers et la pensée sont articulés au langage. D'où la puissance, parfois redoutable, des mots qui modifient le monde.
Par chaque mot, nous sommes modifiés. Pour une existence en mouvement, il faut un langage en mouvement ! Le livre est au cœur de la vie car c’est la façon la plus efficace de redonner un élan vital aux mots ensommeillés ou assommés par une utilisation répétitive et non récréatrice.

Comprendre un texte, c’est se comprendre devant le texte. Lire un texte, c’est se lire soi-même, dit Paul Ricoeur. Les mots que nous lisons n’ont pas leur fin en eux-mêmes, mais en nous. C’est bien leur vie que les lecteurs ont à configurer. Ce qu’ils cherchent dans la succession des mots est quelque chose qui modèle le présent.

Une exploration des vertus thérapeutiques de la lecture et de l’écriture, sur la base de textes de Colette, Henry Bauchau, Ernest Hemingway, Camille Laurens, Philippe Forest, Marc-Alain Ouaknin, Kenzaburô Oé, Didier Anzieu… Et avec la participation active d’un public toujours riche d’anecdotes et de nouvelles recettes de (sur)vie…

Cette conférence-débat peut être couplée avec le Café Littéraire intitulé les Livres de votre vie, qui donne la parole au public. Un atelier d’écriture peut également compléter ces animations.

Qu'apprendre du roman ? est le deuxième volet de la thématique inaugurée avec Bibliothérapie ou comment les livres prennent soin de nous. Suite logique : en plus des soins que la musique de la langue et la peau du papier nous prodiguent, on trouve dans les grands romans, ainsi que dans tout care, des réseaux de valeur qui font de la littérature un bastion contre la barbarie et rappellent que notre vie tout entière est littéraire puisque nous ne cessons d'assembler des mots, ne serait-ce que pour raconter notre journée et tenter de donner une forme a ce que nous appelons notre existence.

En 2010 et 2011, cette communication sera notamment prononcée devant le public des bibliothèques d'Anglet, du Plessis-Trévise, de Châteaurenard et à l'intention des bibliothécaires de la BDP de la Mayenne. 
 
 
 
 
 

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